Prochaine Fête Médiévale le Dimanche 07 Août 2011 |
|  Dressée sur un promontoire rocheux bordant une importante voie de circulation, une forteresse s'élève au XIe siècle, mentionnée alors sous un nom dont les formes varient de Moncontor ou Mont Comptour à Montcontour. Elle comprend une enceinte, dans laquelle quelques édifices publics et privés apparaissent, ainsi qu'un petit château et l'église Notre-Dame de La Porte qui en dépend, aujourd'hui disparue. Place-forte du comté de Penthièvre, Moncontour devient au fil des partages le siège d'une importante châtellenie s'étendant schématiquement dans l'aire Saint-Gilles du Mené, Plouguenast, Ploeuc-sur-Lié, Plaintel (jusqu'au début du XIIIe siècle), Plédran, Yffiniac, Bréhand. Ce vaste territoire à vocation agricole fournit les ressources nécessaires au financement des travaux de la place-forte. Le développement de l'agriculture coïncide avec l'essor du commerce, les échanges se font lors du marché hebdomadaire du lundi, mais aussi à l'occasion des grandes foires populaires qui ponctuent le calendrier médiéval, celles de La Magdeleine (22 juillet) et de Saint-Michel (16 octobre) auxquelles s'ajoutera celle de la Saint-Léonard (6 novembre) à partir de 1378.
|
 Les descendants du comte Eudes de Penthièvre, Geoffroi Botterel II et son fils Rivallon notamment, contribuent à faire de la ville un centre économique attractif pour une population active regroupée en faubourgs auprès des principaux établissements religieux : l'église castrale d'abord, en faveur du castrum, le prieuré Saint-Michel ensuite, paroisse dès 1121, et enfin les hospices Saint-Jean avec leur chapelle, confiés par Pierre Mauclerc aux Templiers en 1217. Moncontour voit dès lors se succéder des propriétaires prestigieux : Iolande de Dreux, fille du duc Pierre Mauclerc au début du XIIIe siècle, puis Guy de Penthièvre, Jean de Beaumanoir, Marguerite de Rohan et surtout le Connétable Olivier de Clisson et sa descendance jusqu'au début du XVe siècle. Parachevant l'oeuvre de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, les Clisson font de Moncontour l'un des instruments de leur lutte contre l'hégémonie ducale en faisant procéder aux plus importantes campagnes de travaux. Le siège mené en 1394 par le duc Jean IV lui-même se solde en effet par un échec lamentable pour l'armée ducale.
|
 L'entrée de Moncontour dans le domaine ducal par le traité de Paris en 1410 met temporairement fin aux conflits entre le parti de Marguerite de Clisson et celui de Jean V ; elle sauve la forteresse des démolitions effectuées sur les places de Penthièvre suite à l'échec de l'attentat perpétré contre le duc en 1420. La ville bénéficie désormais des largesses accordées par la dynastie des Montfort, dont François de Bretagne, propriétaire en 1432 et duc de Bretagne de 1442 à 1450, puis François II, duc de 1458 à 1488. Quand l'agression française prend la Bretagne au dépourvu en 1487, Moncontour tombe aux mains de l'envahisseur représenté par Pierre de Rohan. Le duc, après un premier échec, récupère la ville en août et en fait le siège de son état-major pour l'hiver suivant. La campagne de 1488, soldée par la défaite bretonne à Saint-Aubin du Cormier, et l'expédition ordonnée en 1491 par Charles VIII en représailles au mariage d'Anne de Bretagne à Maximilien d'Autriche sont autant d'occasions pour l'armée française d'attaquer et d'investir la ville. Reine de France malgré elle, Anne de Bretagne permet à la ville de renaître dès les années suivantes en restaurant les fortifications et les édifices de culte dont la nouvelle église Notre-Dame. |
|